Nous pourrions en ajouter.
Ruperti écrit encore :
"
La science nous montre
un monde
saturnien....C'est l'univers vu à travers le mode de pensée logique,
saturnien, au niveau physique de cet univers. Notre cosmos n'est pas
encore un vrai cosmos neptunien parce qu'il se limite à la physicalité
des choses..."
Nous retrouvons bien là tous les problèmes de l'humanité
qui
éprouve de grandes difficultés à abandonner ses vieux réflexes, ses
vieux shémas. On entend encore dire de cette crise qu'elle
n'est qu'une
crise de plus et qu'elle passera comme les précédentes. Et bien non !
c'est notre dernière occasion à saisir. Je doute qu'il y en ait d'autre.
Ces comportements saturniens, concentrés, cristallisés, s'accrochent et
veulent imposer au monde entier une façon de vivre et de voir, au
mépris des populations qui vivaient en harmonie. Je pense aux peuples
d'Amazonie, aux Inuites, pour ne citer qu'eux.
Bien sûr, tous autant que nous sommes, avons plus ou moins participé à
ce désastre et nous en sommes tous plus ou moins responsables.
Pour résumer, nous avons perdu le contact avec la nature jusqu'au point
de penser que nous pouvions l'ignorer.
Il suffit de voir avec quel aveuglement nous avons construit des cités
bétonnées pour y entasser des individus afin qu'ils participent à ce
qu'on appelle encore aujourd'hui la croissance. Et tous ces gens que
l'on a aussi conditionnés à la surconsommation par la télévision , ont
grandi en dehors de la nature, ont quitté les campagnes et se sont
coupés d'une réalité essentielle. L'humanité s'entasse dans des
mégapoles étouffées par les gaz d'échappement des automobiles et de
l'industrie chimique. La valeur clé est l'argent qui domine tout,
absolument tout. Nous ne savons même plus ce qu'est une vocation. La
plupart des individus en veulent toujours plus. C'est la course aux
records en tous genres. Chacun court, se bat et lutte pour avoir plus
ou survivre. Il est évident que cela ne peut plus
durer. C'est un comportement enfantin et irresponsable.
Lorsque Saturne est trop fort, surdimentionné, il devient autoritaire
et
impose sa volonté au nom d'un idéal. Il emprisonne et étouffe. A
l'inverse, Neptune attire celui qui est étouffé, bridé et qui veut fuir
un monde trop dur. Neptune attire les faux prophètes, les
fous
de dieu qui en fait vont se créer un monde illusoire. D'autres vont se
réfugier dans la drogue, le sexe ou l'alcool. La trop grande rigidité
de Saturne favorise ces idéaux illusoires par compensation.
Il est donc temps de trouver un équilibre afin de rétablir une
situation mondiale chaotique.
Entre Saturne et Neptune, il y a......une attitude. On peut
raisonnablement penser qu'un homme comme Krishnamurti l'a adoptée et
découverte par lui-même, sans rien avoir lu, sans pratique de
l'astrologie non plus.
Comment faire alors pour briser le monde saturnien inadapté
d'aujourd'hui ?
Si vous parlez de Neptune, on vous dit que vous êtes un rêveur, un
illuminé. Que vous êtes complètement perdu, que vous n'avez pas
d'ambition. Vous n'êtes pas réaliste, voyons !
Dites à votre entourage que le monde est multidimentionnel, comporte
une multitude de réalités, qu'il n'est pas
que
celui révélé par nos cinq sens, qu'un caillou a une conscience, que
votre chien pense et rêve. Vous allez essuyer toutes sortes de
moqueries. Il n'y a qu'à voir comment sont traitées les émissions sur
le paranormal à la télévision. Le seul intérêt est de détecter les
charlatans, (il y en a) ou, pour l'astrologie, démontrer le busines
engendré par la profession.(il y en a aussi). Pourquoi Carl Jung
s'est-il efforcé d'être le plus scientifique possible ? pour ne pas
être traité de fou et rester crédible aux yeux des scientifiques.
Lorsque vous rendez visite à votre médecin et que
vous lui parlez des médecines douces, il ricane bien souvent (pas
tous), mais vous pouvez être sûr que lui-même a déjà essayé.
Pour un saturnien pur et dur, tout ceci n'est que balivernes et n'a
aucune réalité.
Sauf que le neptunien est écologique. J'aurais pu dire écologiste mais
ce terme a une connotation saturnienne. L'écologie est une attitude
neptunienne parce que celui qui l'applique tous les jours dans sa vie a
conscience du tout. Il sent, il sait que tout est lié, parce qu'il l'a
observé lui-même. Il a saisi la métaphore du papillon.
La nature sait vivre en équilibre et lorsque celui-ci est rompu (bien
souvent à cause de l'homme) elle le rétablit. Pour la nature, la vie et
la mort ne sont qu'une seule et même chose.
Nous pourrions peut-être dire de façon quantique, donc neptunienne, que
l'homme vit et meurt, que la nature vie et meurt, donc que l'homme est
nature.
Il n'y a pas de vie sans mort ni de mort sans vie. L'homme l'ignore ou
l'a oublié.
Regardez une galaxie. Quelle beauté, quelle concentration d'énergies,
quelle violence aussi dans le processus de naissance et mort des
étoiles qui la composent. L'univers se montre parfois violent. Si nous
avions la possibilité d'être cette galaxie, nous n'aurions pas
forcément cette impression de violence mais au contraire la vision
d'une beauté indescriptible, ou de faire un avec cette beauté. Tout
dépend de quelle réalité nous parlons.
Ruperti écrit encore :
"
Si l'on écoutait la
voix de Neptune,
on chercherait aujourd'hui à élaborer une structure de pensée capable
de
réconcilier tous les opposés qui dominent encore notre conscience".
Manifestement, Ruperti devait être un thérapeute jungien.
La
compréhension et l'intégration des opposés dans notre conscience
conduit à une vue globale. Etre lumineux, c'est aussi démasquer
l'ombre en nous, ne pas la nier, la refouler.
Voici un exemple que l'on peut qualifier de neptunien : le physicien
Fritjof Capra a eu l'occasion d'assister à des causeries de
Krishnamurti et ensuite de le rencontrer pour lui poser la question
suivante :
"
Comment puis-je être un
scientifique et suivre votre conseil d'arrêter de penser et d'atteindre
la libération du connu ?" Sans hésitation, Krishnamurti
répondit :
"
D'abord vous êtes
humain, ensuite
vous êtes un scientifique. D'abord vous devez vous libérer et
cette
libération ne peut être atteinte par la pensée. Elle est atteinte par
la méditation - la compréhension de la réalité de la vie dans laquelle
toute forme de fragmentation a cessé. Une fois que j'aurai atteint
cette compréhension de la vie en tant que totalité, me
dit-il,
je serai
capable de me spécialiser et de travailler comme un scientifique sans
problème". Et bien sûr il n'était pas question d'oublier
la science. Passant au français, Krishnamurti ajouta : "
j'adore la science, c'est
merveilleux !"
Voilà une conversation édifiante du rapport entre Saturne et Neptune.
Etre neptunien, c'est ne pas être fragmenté et avoir conscience de la
totalité. Ceci ne veut pas dire qu'il faille supprimer Saturne. Une
fluide stabilité doit pouvoir s'imprégner, se fondre dans le Tout. Si
vous mettez un morceau de sucre dans un verre d'eau, le sucre va fondre
pour se mélanger au liquide. Il n'aura pas pour autant disparu.
L'homme, en général croit en la science, par conséquent, c'est un
modèle scientifique qui se développe. La médecine occidentale est une
expression saturnienne de ce développement, contrairement à la médecine
orientale qui est globale, neptunienne.
La science a toutefois du bon. Elle nous permet d'avoir une vue globale
de notre planète, ce qui permet une prise de conscience plus grande de
ce qui s'y passe à tous les niveaux et éventuellement d'agir en
conséquence.
Les comités d'éthique sont neptuniens parce qu'il vont au-delà des
découvertes et des l'expériences en réfléchissant sur leurs
implications.
Ceux qui critiquent le système carcéral comme punition sont neptuniens
parce qu'ils voient toutes les conséquences de ce système dépassé.
Robert Badinter s'est battu pour faire supprimer la peine de mort, à un
moment où le peuple était majoritairement pour. La folie de cettte
pratique lui était insupportable. Si nous regardons le thème de
Badinter, nous constatons que Neptune est sous l'horizon, formant un
grand trigone avec
Jupiter et Saturne.
J'ai l'impression que les individus nés avec Neptune sous l'horizon
intègrent plus facilement cette notion de globalité que ceux qui l'ont
sur l'horizon. Comme s'ils avaient, de façon innée, intégré une notion
concrète de globalité. Krishnamurti, Jung, Capra, S. Freud ont Neptune
sous l'horizon.
Je reste persuadé qu'il ne faut pas en faire une généralité, mais ceci
reste intéressant à étudier.
Nous pouvons en effet vivre Neptune de différentes façons :
- Soit c'est un refuge, une fuite dans la grande matrice universelle,
notre mère commune et cosmique. Cette attitude reflète une immaturité.
Nous pouvons nous perdre dans la victimisation, pleurer sur notre sort
ou celui des autres.
- Soit être ému par tous les déséquilibres mondiaux, mais les
comprendre, en voir les causes et les remèdes à apporter, pour soi ou
pour les autres. Cette attitude fait naître un sentiment de
responsabilité et permet l'action juste, le regard extérieur et
intérieur à
la fois.
Mais n'est pas neptunien qui veut, bien sûr. Bien souvent Uranus est
venu secouer la carapace de Saturne. Ou bien Uranus était déjà intégré
à la naissance.
L'astrologie de Rudhyar est neptunienne. Il dit lui-même que
l'astrologie est Neptunienne parce que "inclusive".
Il semble que l'idéal neptunien est probablement à rechercher à
l'intérieur de nous si l'on veut qu'il soit réel.